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Après les violentes manifestations du quartier latin en 1968, l'UNEF lance une grève illimitée.

Renault n'est pas épargné, les grèves paralysent progressivement toute l'économie française. Chez Renault, elles commencent à Flins et s'étendent rapidement à toutes les usines.  Pourtant Renault prépare le lancement de sa future nouvelle...

En 1969, à l'heure de la révolution sexuelle, l a régie est prête pour présenter sa nouvelle petite venue - non, la grande, car elle est plus longue que son ainée la R16 - la fameuse Renault 12 !

Dès sa sortie, elle surprend par son look quelque peu.... détonnant et ses formes pures. Oui, j'ai bien dit "pures",
même si l'on voit de suite ce décrochement du toit à l'arrière : le résultat vu de profil n'est pas très réussi.
Mais lors de sa conception, les ingénieurs Renault, avaient dans le cahier des charges un point significatif :


" La future Renault devra pouvoir remplacer la petite R8 Gordini "


Et ses formes aérodynamiques n'y sont pas pour rien !

Mais surtout, la Renault 12 est pratique, le coffre est grand et permet d'y mettre les valises de façon simple et rapide.

La roue de secours, située sur le côté permet de remplacer un pneu crevé sans devoir vider tout le coffre, on appréciera !
A l'arrière, les poignées de maintien sont prévues ainsi que des cendriers.

La finition en simili-cuir (en option)  est du plus bel effet.

La vitre arrière ne se descend toutefois pas jusqu'en bas : sécurité oblige ? Certes, mais quelques centimètres
de plus n'auraient pas étés désagréables.

Passons aux places avant.

Le tableau de bord en inox est superbement bien travaillé. Mais qu'es-ce qu'il est simple ! 3 cadrans Jaeger, et quelques boutons.... Cela fait trop sobre pour l'époque.

On se consolera alors avec une visibilité exceptionnelle, presque aucun angle mort, le retro est même pourvu d'un anti-éblouissant !

Les sièges, étudiés par des médecins ergonomistes, sont particulièrement appréciables. Pas de douleur dorsale et une assise digne des plus grandes voitures des années 60'.

Entre les deux sièges, accoudoir et vide-poche, la boîte à gants sans porte semble sans fin, que c'est grisant pourrait dire madame !
Ah....quelle belle réussite ! Son cahier des charges bien étudié nous permet de voir des Renault 12 en Turquie et dans les pays de l'Est, car Renault, comme pour la 18, souhaitait la rendre européenne : paris réussi !

Familiale, parce qu'elle est déclinée en plusieurs versions, et surtout la version break, très appréciée, aussi parce que toutes ses déclinaisons font d'elle, une voiture remarquable pour tout un chacun : berline ou break, version grand tourisme ou luxe.
Elle a de nombreuses qualités la 12 ! Sa tenue de route est remarquable, sa conduite est très appréciée dès le début et l'on ne craint pas une sortie de route dans les virages. Sa consommation est peu élevée, car il faut compter 6,95l aux 100 sur le modèle de base la L.

Côté habitabilité, la marque au losange ne se disperse pas : comme sur toute sa gamme, l'intérieur est conçu avec beaucoup de soin. Les sièges sont ergonomiques, la garde au toit à l'arrière est élevée, et la visibilité est étudiée avec beaucoup de soin, on aperçoit le paysage de manière nouvelle !
Le coffre ne ressemble pas à une boîte à bijoux. Il est grand et spacieux, son accessibilité est accrue grâce au décroché de la malle.

Mais les premières Renault 12 comportent aussi des défauts. A vive allure, le niveau sonore est élevé, et on a vite l'impression que la voiture arrive à sa puissance maximum à.....90km/h seulement !
Les vitres arrière sont décevantes et dangereuses. Un angle coupant est dégagé lorsque la vitre est descendue à fond, c'est à dire au 1/2 seulement ! Les premiers tableaux de bord sont tristes et incomplets,  même la petite Renault 5 semble avoir plus d'option que sur la grande routière. Enfin, sa tenue de route est parfaite malgré son essieu rigide à l'arrière digne des voitures des années 50'. Renault n'a rien laissé de côté.

Mais d'autres versions pointent le bout de leur nez...

 

En 1970, Renault présente la 12 Gordini. Fabriquée à 5000 exemplaires de 1970 à 1974. Le moteur est extrapolé de la R16. C'est un 4 cylindres de 1565cm3 comportant 2 carburateurs Weber double corps. Elle passe des 90CV de la renault 16 à 125CV, avec une boîte 5 vitesses.

A ses côtés, la version break arrive sur scène.

En 1973, le succès s'ouvre vraiment pour la nouvelle 12, on compte plus de 323000 modèles fabriqués tous types confondus.

Elle devient la plus vendue de la gamme Renault, devant sa petite soeur la renault 5!

La TS fait son apparition. Elle développe 68CV. Son équipement devient encore plus riche et elle porte même les roues de la Gordini.

Son alimentation est améliorée grâce à un carburateur double corps, elle a des réactions plus vives. Sa cylindrée reste identique à la TL, afin de ne pas perdre son côté économique.

Coté freinage, on gagne en sécurité, elle dispose d’une assistance " Master-VAC ". Les sièges avant de type intégral incorpore l'appui-tête.

Lave glaces et essuie glaces à 2 vitesses, dégivrage de la lunette arrière, compte-
tours électroniques, phares à iode, console avec montre électrique et radio lecteur K7 intégré. La Renault 12 TS : un vrai plaisir de rouler avec !

La même année, un modèle TR sort des usines :un modèle automatique décliné en berline ou en break.

 

 

Dans les années 90, son allure lui aura valu le surnom de voiture de " beauf' ", puis depuis quelques années, elle revient, on la regarde, on la veut...
Alors, penchons-nous de manière plus détaillée sur cette voiture à l'allure unique !

Texte A Schreyer

C Billequé 2008